Présenter ses recherches, rendre compréhensible sa démarche dans la meilleure mesure qu'elle soit, utiliser l'ergonomie internet pour accéder rapidement à l'information : le nouveau site www.machinerie.fr fait ainsi peau neuve !
L'actualité reste sur ce blog pour permettre de poursuivre la réflexion "fragmentaire" et apporter une réponse aux expérimentations.
Faire de sa recherche et des éléments constituant à la pratique même de cette recherche, une mise en avant de l'intérêt porté à l'élément déchu.
Le fragment ou l'objet ayant servi à réaliser, porte toute une histoire marquée. Il devient à son tour le déterminant de la composition.
Ces différentes expérimentations ainsi associées, laissent interagir les corrélations et les ruptures.
Plongée dans l'obscurité, la nef du CAPC s'ouvre sur l'univers clownesque de Markus Schinwald. Votre attention est portée sur le rideau de scène derrière lequel des automates en costume 3 pièces s'essayent aux claquettes. Puis, nous voici en scène ! On oscille entre 19e siècle et le temps de la Guerre froide, d'une ex-Allemagne de l'est ou d'une URSS.
Les structures dorées et tubulaires dessinent ou découpent des espaces intimes. Les vidéos projetées, Orient A et B, sont dignes des pièces d'une Pina Bausch, dont certains comédiens, semblables au clown suisse Grock, aspirent au comique et au flegme corporel. Les corps s'animent avec un rien et remplissent le vide... ils nous racontent une histoire et le désir d'aller plus loin... mais avec réserve !
Dans cette épure, tout est dit : marionnettes, portraits aux prothèses et représentation de ciels. Le cirque est posé.
S'agit-il d'une vision dramatique de notre condition humaine ou de celle d'une génération passée cherchant à se dépêtrer entre un mutisme volontaire et une envie d'épanouissement personnel ? Le grand escalier d'acier, apposé contre la structure, ne mène nulle part, sinon au numéro de spectacle que nous fait Markus Schinwald dans cet entrepôt de Bordeaux.
Tout reste possible. Rien n'est infaisable. L'art permet d'ouvrir le champ de ses envies, de ses pathos, de ses expérimentations techniques. Nos choix formels, colorés, ce qui rend cette improbable décision, une alchimie si personnelle, donnent à l'œuvre sa particularité. Même si on peut parler de hasard dans l'acte, la finalité décidée sera une main mise sur l'œuvre, bien définie ! C'est aussi se retrouver avec soi-même, tout en ayant la soif de : ce qui fait que vous ayez encore envie d'explorer d'autres aspects, de voir toujours plus de choses prendre forme ; tels les chemins d'un début d'addiction plastique !
Enfin ! Ne plus sentir le poids de la recherche technique, explorer enfin le rapport formel et coloré, tout en exploitant l'acquis de la position debout au cœur de la toile.
Dans la recherche d'une technique picturale appliquée à la position debout, l'effacement des traces de manière circulaire écrit, petit à petit, une forme singulière. De même, que le gratté de la matière revoie à une notion d'ombrage, proche de la technique du dessin. Aussi, rien de plus naïf qu'une représentation terracognita vienne transgresser cette expérience tactile. Ou serait-ce simplement l'utilisation du noir dans un cercle ?
Lâcher prise : laisser le mouvement créé de lui-même des formes aléatoires et faire ses premières sélections. Décider de relier ou non les formes, de les mettre en valeur, de les remplir, de les effacer...